Le golf est-il un sport exigeant physiquement ?

Des drives à plus de 300 mètres aux parties dominicales entre amis, le golf couvre un spectre physique étonnamment large.
Voici le portrait d’un sport qui se joue à tous les âges et à tous les niveaux.
panneau practice 300m
Il existe deux golfs qui se côtoient sur les mêmes parcours sans jamais vraiment se ressembler.
D’un côté, les professionnels du Tour, des athlètes complets dont la préparation physique n’a rien à envier à celle d’un sprinter ou d’un tennisman. De l’autre, le joueur du dimanche qui cherche avant tout le plaisir du jeu, le grand air et la compagnie.
De l’autre, le joueur du dimanche qui cherche avant tout le plaisir du jeu, le grand air et la compagnie.
La plupart de ceux qui ne connaissent pas le golf pensent que jouer au golf ne nécessite pas beaucoup d'efforts. Marcher, s'arrêter, taper dans une balle, cette activité ne semble vraiment pas compliquée et donne l'image d'un sport tranquille. 
Voyons de plus près si le golf est un sport physique.

Tiger Woods, Rory McIlroy, Bryson DeChambeau : quand le golf devient un sport de puissance

Tiger Woods a été le premier à imposer une nouvelle image du golfeur professionnel, au tournant des années 2000. 
Là où ses prédécesseurs misaient essentiellement sur la technique, Tiger Woods arrivait avec un physique de sportif de haut niveau, sculpté par des années de musculation intensive et un programme cardiovasculaire digne d’un militaire d’élite.
Sa puissance de frappe, combinée à une précision hors norme, a révolutionné l’approche de la préparation physique dans le monde entier.
Tiger woods
Rory McIlroy incarne cette même philosophie à la génération suivante. L’Irlandais du Nord, réputé pour l’une des meilleures frappes du circuit, s’entraîne quotidiennement avec des charges importantes, travaillant spécifiquement la chaîne musculaire postérieure, les épaules et les abdominaux pour optimiser la vitesse de rotation de son swing. Ses drives dépassent régulièrement les 310 à 320 mètres sur le Tour.
Bryson DeChambeau a poussé cette logique à son paroxysme. En l’espace de quelques mois, entre 2019 et 2020, il a pris une vingtaine de kilogrammes de masse musculaire de manière délibérée, suivant un régime hypercalorique et un entraînement de musculation intensif. Résultat : une vitesse de balle exceptionnelle, dépassant parfois les 340 mètres. 
altères
Son approche, longtemps jugée atypique, a depuis influencé toute une génération de jeunes professionnels qui considèrent la salle de musculation comme un outil fondamental de performance.

La mécanique d’un geste explosif

Envoyer une balle à 300 mètres ne s’improvise pas. 
Cela suppose d’atteindre une vitesse de tête de club de l’ordre de 160 (pour les joueuses professionnelles, 170 pour les plus puissantes) à plus de180 kilomètres par heure (200 pour les joueurs les plus puissants) au moment de l’impact, en moins d’une demi-seconde. 
Cette explosion de puissance mobilise les fessiers, les muscles lombaires, les obliques et les grand dorsaux dans une séquence cinétique précise : les jambes poussent, les hanches initialisent la rotation, le tronc amplifie le mouvement et les bras transmettent l’énergie au club.
Les programmes de préparation des professionnels intègrent aujourd’hui des exercices empruntés à l’haltérophilie, au travail fonctionnel (fentes, rotations avec bande élastique, gainage dynamique) et à la pliométrie.
L’objectif n’est pas de développer une masse brute, mais une puissance importante, transmissible en un instant, exactement ce que demande le swing : un geste explosif.
développé couché

Toutes les qualités physiques d’un sport complet

Le golf mobilise un éventail de qualités physiques rarement réuni dans un même sport. La force explosive (puissance), indispensable au swing, n’est que la partie émergée de l’iceberg. 
En réalité, un parcours de dix-huit trous sollicite aussi simultanément l’endurance, la souplesse, l’équilibre, la coordination et la capacité de récupération, le tout pendant quatre à cinq heures d’effort continu.
L’endurance est peut-être la qualité la plus sous-estimée. Un parcours vallonné impose des montées et des descentes répétées, et c’est là que le corps est vraiment mis à l’épreuve. 
Imaginez terminer une côte significative, le cœur qui s’emballe, les jambes lourdes, et devoir enchaîner immédiatement avec un drive précis, sans trembler, sans que la fatigue ne dérègle la mécanique du geste. 
départ en hauteur
Cette capacité à récupérer rapidement, à ramener son rythme cardiaque à un niveau compatible avec la concentration et la finesse d’exécution, est une qualité athlétique à part entière. Les professionnels la travaillent spécifiquement, avec des séances de cardio intermittent reproduisant ces transitions effort/précision.
souplesse golfeur
La souplesse est une autre composante clé d'un bon geste. 
Un swing ample et efficace nécessite une mobilité optimale des hanches, des épaules et de la colonne vertébrale. Un joueur raide perdra inévitablement en amplitude et en puissance, mais s’exposera aussi aux blessures. 
Les professionnels consacrent une partie importante de leur préparation aux étirements, notamment en faisant du yoga ou du Pilates, disciplines reconnues pour leur apport spécifique au golf.
L’équilibre et la proprioception, la conscience du corps dans l’espace, sont également déterminants. Le swing s’exécute depuis des positions parfois inconfortables : balle en dessous ou au-dessus des pieds, terrain incliné, sol meuble. Maintenir un swing stable dans ces conditions demande un travail spécifique des chevilles, des genoux et du gainage profond. 
Enfin, la coordination main-œil et la précision motrice fine, nécessaires au putting comme aux coups d’approche, complètent ce tableau d’un sport où le corps tout entier est sollicité jusqu’au dernier trou.

Golf à pied ou en voiturette : une différence physique majeure

La question ne se pose pas dans tous les sports : on ne choisit pas de courir ou non sur un terrain de football. Au golf, si. Et ce choix a des conséquences physiques considérables.
Marcher, c'est déjà un effort en soi. Un parcours standard de 18 trous représente entre 8 et 10 kilomètres parcourus, souvent sur un terrain vallonné. 
En portant son sac ou en tirant un chariot, un golfeur qui joue à pied peut brûler entre 1 200 et 2 000 kilocalories sur une partie, un effort comparable à une sortie vélo de durée modérée. La fréquence cardiaque reste en zone d'endurance pendant plusieurs heures, ce qui constitue un entraînement cardiovasculaire réel, même si l'intensité reste basse.
voiturette de golf
À l'inverse, la voiturette réduit la dépense énergétique jusqu'à 50 % selon les études.
Le joueur est assis entre chaque trou, parfois même entre chaque coup sur un trou. L'effort se concentre alors presque exclusivement sur les swings eux-mêmes : une cinquantaine de mouvements explosifs sur l'ensemble de la partie, espacés de plusieurs minutes de passivité.
En Europe, et particulièrement sur les terrains plus compacts, marcher reste la norme et constitue l'une des façons les plus douces et les plus durables de pratiquer une activité physique régulière, accessible bien au-delà de 60 ans.

Un sport pratiqué de 7 à 90 ans

Ce qui distingue le golf de la quasi-totalité des sports de performance, c’est sa capacité à s’adapter à chaque pratiquant. 
L’index, le système de classement propre au golf, permet à un sénior de 70 ans et à un joueur de 30 ans en pleine forme de s’affronter à égalité sur le même parcours.
C’est l’une des rares disciplines sportives où cela soit possible.
sénior heureux
Un golfeur de 70 ans n’enverra peut-être sa balle qu’à 150 ou 170 mètres avec son driver, là où DeChambeau en envoie plus du double. Mais cela n’a strictement aucune importance pour le plaisir du jeu. 
L’essentiel est ailleurs : dans la lecture du parcours, la finesse du jeu court, la gestion mentale, et la marche en plein air qui, à elle seule, représente un exercice physique régulier et bénéfique pour la santé cardiovasculaire et articulaire.
Le golf est d’ailleurs l’un des sports les plus pratiqués par les plus de 60 ans en Europe.
Les études montrent qu’une partie régulière contribue à maintenir la mobilité articulaire, à stimuler l’équilibre et la coordination, et à réduire les risques de déclin cognitif grâce à l’intense activité de concentration que le jeu exige.

Un sport, deux ambitions

C’est peut-être là la plus belle spécificité du golf : il peut être pratiqué avec l’ambition d’un athlète de haut niveau ou avec la sérénité d’un promeneur curieux.
Rory McIlroy et le retraité du dimanche ne jouent pas le même golf, mais ils jouent bien le même sport. Sur le même parcours, avec le même plaisir, chacun à sa mesure.
Au final, le golf moderne s’est révélé comme l’un des sports les plus complets qui soient, dès lors qu’on cherche à le pratiquer sérieusement. Et l’une des plus belles écoles de patience et de sagesse pour ceux qui le pratiquent en loisir.

À vous de jouer !

Questions et réponses courantes

Combien de kilomètres marche-t-on lors d'un parcours de golf ?

On marche en moyenne entre 8 et 10 km sur 18 trous, car s'ajoutent aux distances officielles les déplacements entre les trous et les trajectoires réelles de jeu. Et ce chiffre peut encore augmenter : une expérience menée lors d'une conférence de l'Institut européen des architectes de parcours de golf a montré que la distance moyenne réellement parcourue par les joueurs équipés de trackers GPS était de 10,6 km, soit près de 70 % de plus que le métrage officiel du parcours. Autrement dit, un golfeur qui marche dépasse systématiquement les 10 000 pas recommandés par l'OMS chaque jour de jeu.

Le golf est-il recommandé comme activité physique par les médecins ?

Oui, et les données scientifiques sont solides. Considéré comme une activité d'intensité modérée, le golf entre tout à fait dans la catégorie des sports « santé » et sa pratique est recommandée aussi bien en préventif qu'en curatif. Les chiffres sont parlants : une étude suédoise a démontré que la pratique régulière du golf diminue de 40 % les risques de mortalité précoce grâce à ses effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire.

Peut-on perdre du poids en jouant au golf régulièrement ?

Le golf peut contribuer au contrôle du poids, à condition de jouer à pied. En plus de brûler en moyenne entre 1 200 et 1 500 calories par partie sans voiturette, le golf contribue à un meilleur contrôle du poids, ce qui est essentiel pour prévenir l'obésité, facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires, le diabète et l'hypertension. Attention cependant aux attentes trop rapides : comme pour tout sport, la perte de poids réelle dépend en grande partie de l'alimentation. Le golf reste avant tout un excellent outil de maintien du poids et de prévention sur le long terme, plutôt qu'un sport de « sèche » intense.

Le golf sollicite-t-il les mêmes muscles qu'un sport de salle ?

Pas exactement, mais l'intensité est parfois surprenante. Le swing de golf fait partie des mouvements les plus complexes qui soit : il sollicite une quinzaine de groupes musculaires en moins de 2 secondes. Des études indiquent une activité musculaire au sein du grand pectoral, du grand dorsal et de la coiffe des rotateurs pendant le swing. Le golf améliore également l'équilibre et la coordination, des qualités comparables en termes de proprioception à celles développées par le Taï Chi, pourtant sport de référence en la matière. À la différence avec la salle, le golf ne cherche pas à isoler les muscles, mais à les coordonner dans un mouvement global, ce qui en fait un complément intéressant, mais pas un substitut à la musculation.
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