Comprendre le monde du golf professionnel masculin pour mieux le suivre

PGA Tour, DP World Tour, LIV, Majeurs… et comment suivre tout ça à la TV

Le golf professionnel masculin connaît une hiérarchie mouvante : certains joueurs s'installent au sommet sur la durée, d'autres en sont rapidement écartés, et les classements évoluent parfois de façon surprenante.
Pour tout comprendre, retenez trois points :
  • les circuits (les « ligues » qui organisent les tournois et les statuts des joueurs),
  • les classements de saison à points (qui donnent du sens à chaque semaine et classent les joueurs),
  • les Majeurs (4 tournois à part, qui transcendent une carrière).
golfeur avec une coupe
En général, un tournoi « classique » réunit un grand nombre de joueurs au départ (environ 150). Après deux tours (36 trous), il y a un cut : seuls les mieux placés (souvent les 65 premiers et ex æquo) continuent le week-end. Ils jouent donc au total 72 trous pour se départager.
Ceux qui passent le cut sont classés à la fin du tournoi, touchent une part de la dotation selon leur position, et marquent des points pour le classement de saison (exemple : FedExCup ou Race to Dubai). Ceux qui ratent le cut, le plus souvent, ne gagnent ni argent ni points.

  1. Le PGA Tour : la saison américaine et la logique FedExCup

Le PGA Tour est la vitrine la plus exposée : diffusion massive, grosses dotations, et une saison construite avec un final.
Pour 2026, la FedExCup Regular Season compte 34 tournois officiels. C'est à ce jour le circuit le plus relevé.
drapeau américain

Les Playoffs : une élite qui se resserre

Les FedExCup Playoffs se disputent en fin de saison entre les meilleurs joueurs, sur trois tournois (sans cut), avec un champ qui se réduit à chaque étape : 70, puis 50, puis 30 pour la finale, le TOUR Championship.
Ce que ça change à la télévision :
  • Un joueur performant comme Rory McIlroy peut viser la victoire d'un tournoi, mais aussi un objectif de saison (finir haut au classement).
  • Un joueur proche des seuils (top 70 / top 50 / top 30) joue parfois sa saison sur quelques coups : c’est là que la tension est la plus palpable, même si ce n’est pas la dernière partie du dimanche.

Après les Playoffs : la FedExCup Fall (l’automne des statuts)

Après la finale, il existe une séquence appelée FedExCup Fall : elle sert surtout à déterminer qui va garder sa carte pour la saison suivante et dans quelle catégorie les joueurs vont se situer. Les différentes catégories des joueurs permettent de définir dans quelle priorité ils vont pouvoir entrer dans le tournoi.
Depuis les ajustements prévus pour 2026, le plein statut est principalement sécurisé par le top 100 au classement, tandis que les joueurs classés derrière (de 100 à 150) passent sur des statuts plus conditionnels avec moins de garanties d’entrée.

2. Le DP World Tour : un calendrier mondial, et la Race to Dubai

Le DP World Tour (ex-European Tour) revendique une identité très internationale : au moins 42 tournois dans 25 pays annoncés pour 2026.
Son classement de saison s’appelle la Race to Dubai.
drapeau européen

Les « swings »  : des blocs de tournois

Le DP World Tour structure sa saison en Global Swings : des blocs (ou séries) de tournois regroupés par logique géographique et de calendrier, comme :
  • Opening Swing,
  • International Swing,
  • Asian Swing,
  • puis d’autres swings, avant d’arriver au « Back 9 » et aux Play-Offs de fin de saison.
La première partie de l’année est donc découpée en « Global Swings ». Ensuite vient le « Back 9 », une série de 9 tournois qui lance la dernière ligne droite. Enfin, les Play-Offs sont la finale de la saison, réservée aux joueurs les mieux classés. Ils se jouent sans cut sur 2 tournois (70 joueurs sur le premier et 50 sur le deuxième).
Pour garder la carte à la fin de la saison, le joueur doit se situer à la 100ème place.

3. Le LIV Golf : pourquoi le modèle est différent (et ce que ça change)

Le LIV apparaît en 2022. Il est principalement financé par le fonds souverain de l’Arabie saoudite qui a apporté des milliards dans le projet.
Il a bousculé l’ordre établi avec un format plus fermé et plus compact : 48 joueurs, souvent sans cut, et une logique d’accès moins ouverte que sur les circuits traditionnels. 
tas de billet
Exemples de joueurs passés sur LIV (et qui restent des repères pour le grand public) : Jon Rahm, Brooks Koepka, Dustin Johnson, Phil Mickelson, Victor Perez

4. Les circuits secondaires : des tremplins, pas des consolations

En dehors du PGA Tour, du DP World Tour et de LIV, il existe d'autres circuits.
L’Asian Tour a lancé The International Series en 2022 dans le cadre d’un accord avec le LIV Golf : une série de tournois à dotations élevées qui sert à la fois de vitrine et de voie d’entrée potentielle dans l’écosystème LIV.
kangourou
Le PGA Tour of Australasia, le Korn Ferry Tour (circuit américain « 2ème division »), ou le Challenge Tour européen fonctionnent comme des échelons : on y construit un statut, on y gagne des exemptions, on s’y qualifie pour monter d’un cran. 
Hideki Matsuyama a ainsi établi sa réputation via l’Asian Tour avant de s’imposer sur le PGA Tour et de remporter le Masters 2021. Jon Rahm, lui, est passé par l’université américaine, a gagné très vite son statut sur le DP World Tour, puis a dominé les deux grands circuits avant de rejoindre le LIV fin 2023.
Le golf professionnel ressemble davantage a un ensemble de routes qu'à une pyramide simple. 
Certains joueurs font une carrière entière sur un seul circuit. D’autres naviguent, profitent de fenêtres, construisent leur trajectoire par étapes et par opportunités.
réseaux routes

5. Les classements des joueurs

Chaque joueur apparaît dans trois classements : un classement national (propre à son pays), un classement de circuit (FedExCup, Race to Dubai ou autres), et le classement mondial (OWGR).
Parfois certains joueurs peuvent apparaître dans deux classements de circuit dès lors qu'ils participaient à des tournois appartenant à ces deux circuits, comme Mathieu Pavon et MacIntyre en 2024.
Le classement mondial OWGR est central parce qu’il conditionne l’accès aux Majeurs et aux grands tournois. 
On gagne des points OWGR en réussissant de bons résultats dans des tournois éligibles : plus le plateau est fort, plus le tournoi « vaut » de points, et ces points sont distribués selon la place finale. Ensuite, le classement est glissant : les points récents comptent davantage et diminuent avec le temps.
En 2025, le n°1 mondial masculin (OWGR) était Scottie Scheffler.
Pendant plusieurs années, le LIV n’a pas eu de points OWGR, ce qui a mécaniquement fait chuter ses joueurs au classement mondial. En février 2026, l’OWGR a finalement attribué des points aux épreuves du LIV, mais uniquement aux top 10 (et ex æquo). L’OWGR justifie cette limitation par la taille réduite du champ des joueurs, l’absence de cut, et la nature plus fermée du système d’entrée.

6. Les quatre Majeurs : les tournois que tous les joueurs aimeraient gagner

Les Majeurs sont les quatre championnats les plus prestigieux du golf masculin : le Masters (avril, Augusta), l’U.S. Open (juin), The Open Championship (juillet, Royaume-Uni), le PGA Championship (mai).
Ils ne sont pas « des étapes » d’un même circuit : chacun a son organisateur, ses traditions, et surtout ses critères de qualification propres.
claret jug

Le Masters : le plus sélectif, le plus codifié

Augusta National sélectionne son champ des joueurs par catégories : anciens vainqueurs (invitation à vie), champions récents des autres Majeurs, top du classement mondial... 
Il n’y a pas de qualification « ouverte » comme ailleurs. Tiger Woods, par exemple, joue le Masters tant que sa santé le lui permet, simplement parce qu’il a gagné cinq fois : invitation garantie à vie.
Severiano Ballesteros est le premier européen et le premier espagnol à avoir gagné le Masters en 1980. Il le gagna à nouveau en 1983.

L’U.S. Open : la grande porte ouverte

C’est le Majeur le plus connu pour son système de qualification ouverte : qualifications locales, puis final qualifying. 
En théorie, un amateur ou un joueur de circuit secondaire peut se qualifier en battant les bons joueurs aux bons moments. Cette architecture entretient la légende du golf : la possibilité rare mais réelle d’une qualification « depuis rien ».
Le dernier vainqueur issu de la qualification fut Lucas Glover en 2009.

The Open (British Open) : l’ouverture internationale

La R&A (Royal and Ancient de St Andrews) gère The Open avec une vraie volonté d’internationale : exemptions, Regional & Final Qualifying, et Open Qualifying Series dispersées dans plusieurs continents. Un joueur asiatique peut se qualifier via un tournoi en Asie, un australien via l’Australie. C’est ce qui donne à The Open son caractère de « championnat du monde » davantage que les autres Majors.
Il reste pour de nombreux joueurs, le tournoi majeur le plus prestigieux.
Arnaud Massy est le seul français à avoir remporté The Open en 1907.

L'USPGA : résultats et statut

L'USPGA (l'association des professionnels américains) constitue son champ de joueurs par catégories : anciens vainqueurs, performances récentes, places liées au classement mondial et aux circuits.
Le principe à retenir : l’entrée ne s’achète pas, elle se mérite par des critères précis combinant passé (exemptions) et présent (niveau de jeu).

Comment suivre le golf professionnel à la télévision : quatre conseils pratiques

1. Choisissez un circuit avec les stars que vous préférez et suivez son classement de saison : le FedExCup ou le Race to Dubai. C’est la meilleure manière de comprendre pourquoi une 18e place peut être cruciale pour un joueur et anecdotique pour un autre.
2. Repérez les périodes charnières. Sur le PGA Tour : l’approche du top 70, puis 50, puis 30. Sur le DP World Tour : la dynamique des swings et la course finale. C’est là que la tension monte d’un cran.
3. Ne regardez pas seulement le vainqueur : suivez aussi les joueurs qui jouent le maintien. Ce sont souvent eux qui produisent le golf le plus tendu, parce que leur statut, leur saison et parfois leur carrière se jouent sur quelques coups.
4. Utilisez les Majeurs comme référence. Même si vous ne suivez pas chaque semaine le golf à la TV, ne manquez pas les quatre Majeurs. Ils servent de repères simples dans l’année. Et vous comprendrez mieux pourquoi les joueurs ajustent leur calendrier entier pour arriver en forme en avril à Augusta, en mai, en juin, puis en juillet.

À vous de jouer !

Questions et réponses courantes

Pourquoi certains joueurs choisissent de moins jouer certaines semaines alors qu’ils sont en forme ?

Parce qu’ils construisent un calendrier en fonction de leurs objectifs prioritaires (Majeurs, finales) et gèrent fatigue, voyages, blessures, et objectifs de points.

Est-ce qu’un joueur peut jouer PGA Tour et DP World Tour la même année ?

Oui, mais selon son statut, ses exemptions, et des règles d’adhésion / sorties qui peuvent évoluer. Il faut toujours regarder son éligibilité officielle.

À quoi sert vraiment de jouer en équipe sur LIV si on ne suit que l’individuel ?

Le jeu en équipe ajoute un classement parallèle, un enjeu supplémentaire. C'est l'occasion de créer des nouvelles émotions que le public aime bien.

Comment reconnaître à l’écran qu’un joueur assure plutôt qu’il n’attaque ?

On le voit quand ils attaquent les drapeaux. Parfois, quand le drapeau est situé proche d'un obstacle d'eau, on peut voir les joueurs assurer sur le côté opposé. On voit aussi qu'ils ne prennent pas systématiquement le drive.
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